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https://www.youtube.com/watch?v=BVwaah3Kudo&feature=youtu.be

Deuxième partie de l’intervention “
La violence raciste n’est jamais un accident mais le fruits d’un système qui la conçoit et la légitime au plus profond de la conscience du groupe dominant; qu’elle soit physique, verbale, psychologique ou symbolique.

Le “choc” des responsables politiques et de la presse aussi bien en Nouvelle Zélande qu’en France sont une insulte à notre intelligence. Tant que les dominations structureront les sociétés occidentales, il y aura d’autres attentats comme on en a vus en Nouvelle Zélande.

Regardez la fréquence des polémiques nationales autour de la visibilité des musulmans et les mesures d’exception qui ont suivi:

_Le foulard à l’école et sa loi d’interdiction qui viole le principe même de laïcité
_Le foulard des maman d’élèves et la circulaire Châtel pour leur interdire les sorties scolaires

_Les polémiques sur la construction des mosquées 

_Les polémiques sur le contrôle des mosquées
_Polémique autour du voile intégral porté par moins de 400 femmes mais qui a abouti à une loi 

_Polémique sur les repas substitution

_Censure d’une conférence sur l’islamophobie à l’Université de Lyon II
_L’affaire Mennel
_L’affaire Maryam Pougetoux
_Les attaques contre l’association féministe Lallab (@AssoLallab)

_La mascarade Finkielkraut

_Le foulard sportif de Décathlon…

Après les attentats de 2015, l’État s’était donné pour mission, non pas de combattre le terrorisme mais de punir les musulmans pour ces attentats.

Plus de 5000 perquisitions, souvent de manière violente ont été conduites chez les musulmans, dans leurs mosquées et dans leurs commerces. Pour quel résultat? Moins de 1% d’entre elles ont mené à une enquête pour des faits liés au terrorisme.

Je dis bien “punir les musulmans” parce que les perquisitions et la mise à sac de lieux de cultes musulmans était injustifiable. Toutes les mosquées de France sont déjà sous surveillance, pourquoi les perquisitionner et tout casser à l’intérieur? 

La réponse est simple: “envoyer un message à l’opinion publique française”.

L’année dernière plusieurs groupes d’extrême droite avaient préparé des attentats terroristes contre des musulmans.

D’autres militants d’extrême droite avaient ouvert des camps d’entrainement réservés aux blancs.

Des dizaines d’autres sont partis s’entrainer au maniement des armes et des explosifs en Ukraine. 

D’autres encore se substituent à la police pour faire la chasse aux réfugiés; et lorsqu’ils veulent lever des fonds, ils le font au vu et au su de tous sur internet.


Toute cette violence se développe et se prépare avec un silence total de l’État.

Ce silence de l’État face à l’islamophobie est le même qu’on a pu voir pendant la polémique du foulard Décathlon.

Le magasin n’a pas reculé parce qu’ils avaient craint l’offensive islamophobe mais parce que leur personnel a été physiquement menacé et que ni le Président, ni le Premier Ministre, ni le Ministre de l’Intérieur n’ont réagit. Ce silence face au racisme, c’est la complicité de l’État.

Cette situation a créé une norme qui n’est pas nouvelle mais qui s’est renforcée avec le temps. Toute personne qui ose aller à son encontre est taxée d’islamiste (si on pense qu’elle est musulmane),  ou d’islamogauchiste ou encore d’islamo-collabo si on pense qu’elle ne l’est pas.

Les polémiques qui ciblent les populations racisées à commencer par celles et ceux qu’on appelle les musulmans ne s’arrêteront pas. Et parce que les dominations structurent nos sociétés, nous risquons d’avoir d’autres actes de violence politique contre celles et ceux qu’on appelle les musulmans.

Cette violence s’est installée dans la durée et oser prétendre que les actes de violence raciste sont des accidents, c’est chercher à la minimiser pour ne pas avoir à réellement la combattre.