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Après l’émotion suscitée par les révélations du CJL (ici et ) sur les agissements du Directeur Général des Services de la mairie du 20ème, la Maire de Paris Anne Hidalgo a décidé « (…) de saisir l’Inspection générale de la ville de Paris afin qu’elle conduise une enquête administrative indépendante qui permettra de faire toute la lumière sur les faits qui sont reprochés au DGS du 20e. »

Didier Conques a d’ores et déjà quitté ses fonctions, vidé son bureau et est officiellement « déchargé de ses fonctions de DGS ». Selon nos sources, bien qu’il continue de percevoir l’intégralité de son salaire, celui ci serait donc « placardisé ».

« Le déplacement d’agents hors de la mairie du 20ème en raison de leur couleur de peau, de leur accent où de leur corpulence (…) n’a probablement pas concerné que madame Sabine Vorin »

Arrivé dans le sillage de la victoire de Frédérique Calandra aux élections municipales de 2008, celle ci en a rapidement fait son bras droit et n’a jamais manqué de lui manifester son soutien contre vents et marrées. Car celui ci a plusieurs fois défrayé la chronique, notamment lorsque l’UNSA avait dénoncé, dans un rapport, sa gestion « agressive et autoritaire ». Mais le rapport du syndicat de la fonction publique s’avèrera bien en deçà des pratiques qui y sont dénoncées. Harcèlement moral, harcèlement sexuel, discrimination raciale, propos racistes, grossophobie, autant de faits qui attestent d’une maltraitance ayant entrainé une souffrance au travail pour un nombre encore indéterminé d’agents.

Le CJL se félicite, à ce titre, de l’initiative de Danielle Simonnet, conseillère de Paris qui a lancé un appel à témoins pour recenser les victimes du DGS, avant, peut être, d’envisager des réparations.

La dernière enquête diligentée par Anne Hidalgo au sein de la mairie du 20ème à, non seulement, innocenté le DGS mais à rendu des conclusions à charge contre sa victime.

C’est aussi l’avis de la CGT qui ajoute, dans un communiqué, que la ville de Paris ne devait pas se contenter d’entendre les agents qui travaillent dans l’enceinte de la mairie du 20ème mais devait également s’adresser à ceux qui en avaient été déplacés. Car comme l’a rappelé Danielle Simonnet dans la question d’actualité posée au conseil de Paris en date du 15 novembre « Le déplacement d’agents hors de la mairie du 20ème en raison de leur couleur de peau, de leur accent où de leur corpulence (…) n’a probablement pas concerné que madame Sabine Vorin »

Seule une enquête indépendante pourra déterminer si Frédérique Calandra s’est soustraite où non à l’article 40 du code de procédure pénale

Appelant à mettre fin aux discriminations à la mairie du 20ème, la CGT se félicite d’apprendre « la suspension du DGS pendant le temps de l’enquête », mais remet en cause l’impartialité de l’Inspection Générale de la ville de Paris qui pilote l’enquête en cours. En effet, comme nous l’avions indiqué précédemment, celle ci s’avère être une machine à blanchir les hauts fonctionnaires des accusations portées contre eux et à dissuader, voire à intimider les éventuels plaignants. Pire encore, la dernière enquête diligentée par Anne Hidalgo au sein de la mairie du 20ème a, non seulement innocenté le DGS, mais à rendu des conclusions à charge contre sa victime.

La Mairie De Paris a t elle refusé d’écouter et entendre les victimes?

Seule une enquête de ce type pourra faire la lumière sur la chaine de responsabilités qui implique les plus hautes autorités politiques et administratives de la ville de Paris. Car les signaux d’alerte, envoyés notamment par les syndicats, ont retenti plus d’une fois et à chaque fois l’hôtel de ville aurait choisi, au mieux de faire la sourde oreille, au pire de déployer les efforts nécessaires pour étouffer le scandale. Enfin, seule une enquête indépendante pourra déterminer si Frédérique Calandra s’est soustraite où non à l’article 40 du code de procédure pénale selon lequel elle aurait dû signaler auprès de la justice les agissements de son DGS.

Nous ne feindrons pas l’indignation de ceux qui découvrent avec stupéfaction comment de telles pratiques ont pu se tenir dans l’enceinte d’une municipalité socialiste. Frédérique Calandra, membre fondatrice du “ Printemps Républicain” aux côtés de Laurent Bouvet et de Gilles Clavreul, connu pour ses convergences de points de vue avec l’extrême droite, n’a jamais fait mystère du courant idéologique auquel elle se rattache au vu de ses conflits avec des figures de l’antiracisme ou des intellectuels. De ce fait, des questions subsistent quant à l’omerta qui aurait régné sous l’autorité de Mme Calandra et et qui aurait profité à son DGS.

Si la maire du 20ème devait tomber sous le coup de l’article 40, nul doute qu’Anne Hidalgo serait obligée de répondre à son tour  de ses actes ou de sa passivité au vu de la gravité des faits reprochés au DGS. Toujours en faveur de mesures de mesures pour soutenir les victimes  de harcèlement, la maire de Paris n’a de son côté pas manqué d’exprimer son indignation … non pas pour ce que les victimes du DGS ont pu endurer, mais pour le lynchage dont celui ci fait aujourd’hui l’objet dans les réseaux sociaux. Et d’ajouter en réaction à la question d’actualité de Danielle Simonnet : « (…) Si il y a une collectivité qui est respectueuse des droits, qui a mis en place des process justement pour empêcher les discriminations et les abus de pouvoir(…) c’est bien la ville de Paris »…

Des initiatives pour l’égalité des droits sont les bienvenues, mais elles ne sont rien si elles ne changent pas le quotidien de celles et ceux qui en souffrent au quotidien.Dans son intervention du 18 Novembre lors du Conseil de Paris, Danielle Simonet avait à son retour rappelé qu’elle avait alerté en vain la Maire de Paris Anne Hidalgo*. Répondant à Danielle Simonnet, la Maire de Paris  a estimé que “s’il y a une collectivité qui est respectueuse des droits, qui a mis en place des process, pour empêcher les discriminations et les abus de pouvoir, c’est bien la Mairie De Paris”.

 

*Verbatim de la décoration de Danielle Simonnet: “Depuis, nous avons appris par le biais du site CJL, que Madame Vorin travaillait auparavant à la Mairie du 20e et avait été déplacée ailleurs, grâce à son supérieur hiérarchique pour la protéger, suite à des comportements et propos harcelants, racistes, sexistes et grossophobes qu’auraient eu à son égard le Directeur Général des Services de la Mairie du 20ème. Dans le cadre de l’enquête du CHSCT, des témoignages auraient corroboré ces déclarations.

Je n’ai pas été surprise. J’étais d’ores et déjà intervenue en 2014, en conseil d’arrondissement et en conseil de Paris toujours via une question d’actualité concernant le harcèlement moral, sexuel, les discriminations racistes et la souffrance au travail liés au comportement de ce DGS. Je vous avais alerté. Mais vous m’aviez répondu que tout allait bien, comme si la mairie de Paris et la mairie du 20e n’avaient strictement rien à se reprocher et que les dispositifs pour garantir aux agents la défense de leurs droits en toute sécurité étaient assurés.

Depuis 10 ans, en mairie du 20e, pour nombre d’agents, c’est un terrible calvaire, un cauchemard, des discriminations, des humiliations, des dépressions. Et personne ne peut dire “je ne savais pas”.
Janvier 2010 ; le syndicat UNSA dénonce un management particulièrement agressif et autoritaire, des manœuvres discriminatoires du DGS
Mars 2011, la CGT saisit la Commission Administrative Paritaire des ALG et la HALDE concernant des discriminations infligées à un agent par le DGS au motif qu’il s’exprimerait avec « un fort accent ».”
Mars 2012, une plainte est déposée au parquet pour harcèlement et agression sexuels par un agent, soutenu par l’association AVFT contre le DGS de la Mairie du 20ème. L’Inspection générale a bien diligenté une enquête, mais à charge contre l’agent.

En 2014, c’est ce même DGS qui avait notifié l’interdiction faite aux agents de parler une langue étrangère au nom de la laïcité, assimilant une langue étrangère à une religion… Cette directive reprenait celle prise trois mois auparavant par le Maire FN du 7ème secteur de Marseille Stéphane RAVIER.

Juin 2017, au CHSCT une alerte pour danger grave et imminent a été posée. A l’origine, une situation de propos dégradants et gestes déplacés. Et j’en passe. Il y a bien plus qu’un faisceau d’éléments graves et répétés qui devrait suffire à alerter la ville sur le fait que ces comportements du DGS sont inadmissibles. La peur doit changer de camp.

Madame la maire, je vous ai envoyé copie de ma lettre à la maire du 20e, Frédérique Calandra, avec copie à Mme Bidard et Mme Levieux où je demande une enquête de l’inspection générale des services en Mairie du 20e, et vous l’avez diligentée. Je vous demande aujourd’hui qu’elle puisse se dérouler dans un cadre protecteur pour l’ensemble des agents et que des garanties en ce sens leur soient accordées, que le DGS soit suspendu de ses fonctions, hors de la mairie du 20e tout au long de l’enquête jusqu’au rendu de ses conclusions.

Mais je demande aussi, qu’une autre enquête permette de comprendre pourquoi l’Inspection, missionnée en 2014 a pu étouffer sous silence à ce point les problématiques à minima de souffrance au travail, de harcèlement moral et de discrimination en mairie du 20e, sous la responsabilité du DGS et que soit mise au claire toute la chaîne des responsabilités.

2ème intervention :

Face à toutes ces alertes, pendant toutes ces années, la ville au mieux s’est contentée de déplacer les agents qui ont pu se dire victimes de harcèlement ou de discrimination. Et encore, souvent du fait de supérieurs hiérarchiques bienveillants que je salue, ils se reconnaitront.
Je dis à l’ensemble des agents, cette situation doit cesser, cette situation cessera. mais parlez. Témoignez. Soyez solidaires entre vous. Et pour la suite, syndiquez-vous.

Comme l’écrit la CGT, par les témoignages qu’elle a collectés, le déplacement d’agents hors de la mairie du 20ème en raison de leur couleur de peau, de leur corpulence, de leur accent ou tout simplement parce que leur tête ne convenait pas au DGS n’a probablement pas concerné que Mme Sabine VORIN.

Pendant toutes ces années, le DGS a été défendu et protégé par la Maire du 20e, et pas seulement. Je regrette non sans une profonde amertume, au mieux le silence lâche des uns et la complicité des autres, quand en 2014, j’ai mis le sujet sur la table du conseil d’arrondissement, et que la maire du 20e, comme à son habitude a préféré nier en bloc et dénigrer mes propos. Puis idem, au sein même de cette assemblée.

La maire du 20e doit être auditionnée et a des comptes à rendre. Mais c’est également l’exécutif parisien qui a des comptes à rendre ainsi que l’administration parisienne au plus haut niveau.