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En 2018, la presse aura accordé un peu plus d’attention au recul des libertés en France avec l’adoption d’un état d’urgence permanent initié par un gouvernement dit “de gauche” et entériné dans la loi par l’administration Macron. Au Royaume Uni, la  réflexion annuelle sur l’invasion de l’Irak en 2003 et les campagnes militaires post-11 septembre pour remodeler le Moyen-Orient n’ont pas manqué de rappeler les mensonges proférés par le premier ministre de l’époque Tony Blair pour justifier des interventions militaires aux conséquences désastreuses. L’accession de Donald Trump à la maison a elle mis entre ses mains tout l’arsenal liberticide tel le patriot acte, les moyens de surveillance de masse de la NSA (révélées par Edward Snowden) ainsi que les assassinats par drones initiés par George W Bush et promus par Barack Obama. Cependant, il reste toujours un manque de reconnaissance significative et de réponse à l’innombrable nombre de morts, estimé par certains à plus de 2,4 millions de personnes ainsi que de la véritable gravité des violences infligées à des personnes tombées dans les filets de l’antiterroriste américain, français et britannique.

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Les États-Unis et la Grande Bretagne, suivis par la France sont depuis plusieurs années embourbés dans une série d’interventions militaires au nom de la “guerre contre le terrorisme” dont le nombre ne cesse de croitre comme le nombre d’attentats terroristes sur leur propre territoire.  Mais avant d’avoir pu s’engager de manière aussi massive, l’opinion publique occidentale a dû être mobilisée afin de développer un consensus, même de surface, autour de la justification de ces guerres malgré des échecs qui ne sont plus à prouver. Ces échecs militaires ont par ailleurs été accompagnés de l’effondrement de la notion d’état de droit dans les pays impliqués avec une primauté accordée au dogme sécuritaire et au chantage: “liberté contre sécurité”.

La mobilisation du consensus populaire en faveur des accords d’extradition laxistes, la détention illimitée, la torture, les expulsions «avec garanties», les assassinats extra judiciaires, la privation de libertés, la déchéance de nationalité, les retraits de passeports ou l’utilisation de “preuves secrètes” ont nécessité l’identification d’une population suspecte. Les musulmans ont endossé le rôle de cet “ennemi intérieur” bien utile au mille feuille législatif adopté au nom de la “lutte contre le terrorisme” et se sont ainsi retrouvés être la ciblés au nom d’une lutte contre la “radicalisation”,”l’islam radical” ou le “salafisme”, bien que ces concepts fréquemment utilisés n’ont jamais été clairement définis.

Aux États-Unis, le programme de “lutte contre la violence extrémiste” (CVE) s’est concentré uniquement sur les musulmans en épargnant les groupes prônant la suprématie blanche, tout comme le programme Prevent au Royaume-Uni ou les multiples campagnes anti «radicalisation» menées par le gouvernement français avec la plateforme d’appels à la dénonciation “Stop Djihadisme” entre autres. Malgré la mobilisation de la société civile, ces gouvernements ont refusé de remettre en cause des stratégies dont l’échec s’illustre par  l’augmentation du nombre d’attaques terroristes en Europe et en Amérique du Nord. L’avenir reste incertain car, malgré les coûts humains, politiques et financiers de la “guerre contre le terrorisme”, aucun état n’a pour le moment manifesté la volonté de s’adresser aux causes profondes du terrorisme.

Le Comité Justice et libertés pour tous (CJL), organisation de reconquête des droits humains et libertés civiles, organisera un événement en deux parties pour débattre des réalités de la guerre contre le terrorisme et de ses effets sur l’état de droit en Europe et en Amérique du Nord.

Nisha Kapoor, Ph.D., de l’Université de York, au Royaume-Uni, viendra présenter son dernier livre «Deport, Deprive, Extradite. Twenty First Century Extremism ”avec ses deux courts métrages“ The Eyes of Aliyah ”et“ Aden and the Spiders ”. La dernière partie de l’événement sera un débat avec le public et la signature du livre.

PROGRAMME

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14h00-15h00: Table Ronde 1
État des lieux de la guerre contre le terrorisme et ses effets sur le droit
Muhammad Rabbani, avocat, directeur de l’association CAGE UK
Félix Tréguer, Membre Fondateur de La Quadrature Du Net
Dr. Didier Bigot, maître de conférences à Sciences Po, éditeur de la revue «Culture et conflits»
Table ronde présidée par Yasser Louati, co-Fondateur du CJL

15h00-16h00 Table Ronde 2
Rôle des débats identitaires dans les politiques d’exception, les extrêmes ont-ils gagné?
Emmanuel Daoud, avocat au barreau de Paris, membre de la FIDH
Dr. Jalila Sbaï, Historienne, chercheuse associée à l’histoire contemporaine du monde arabe au Collège de France, auteure de «La politique musulmane de la France»
M. Francesco Ragazzi, maître de conférence à l’Université de Leiden, directeur scientifique du rapport
 «Les effets de la lutte contre le terrorisme et la radicalisation des populations musulmanes en France»
Pr Akos KOPPER, Directeur du département des relations internationales et d’études européennes, Université ELTE, Budapest
Table ronde présidée par Anissa Righi, analyste juridique pour le CJL

16h15-18:00
Discussion avec Dr Nisha Kapoor sur son livre «Deport Deprive Extradite» et:

Malia Bouattia, militante des droits humains et des libertés civiles, Royaume-Uni

Muhammad Rabbani, directeur de l’association CAGE, Royaume-Uni

Francesco Ragazzi, professeur en relations internationales à l’Université de Leiden

Yasser Louati, co-fondateur du Comité Justice et Libertés Pour Tous (CJL)